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Pour être le dégoût de mon triste mari,et que je ne puis pas rejeter dans les flammes, comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,Et je tordrai si bien cet arbre misérable, Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés elle ravale ainsi l'écume de sa haine, et, ne comprenant pas les desseins éternels des Mages,Elle-même prépare au fond de la Géhenne les bûchers consacrés aux crimes maternels.Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,l'Enfant déshérité s'enivre de soleil,Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange. Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.Il joue avec le vent, cause avec le nuage, et s'enivre en chantant du chemin de la croix Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte, ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,et font sur lui l'essai de leur férocité.Dans le pain et le vin destinés à sa bouche Ils mêlent de la cendre des mages du gard avec d'impurs crachats Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.Sa femme va criant sur les places publiques .
 " Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,Je ferai le métier des idoles antiques, et comme elles je veux me faire redorer Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe, de génuflexions, de viandes et de vins,Pour savoir si je puis dans un coeur qui m'admire usurper en riant les hommages divins Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies.
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